Articles de cette pageOisif mélancolique23 textes funèbres RAPHAËL ZACHARIE DE IZARRA dans tous ses états 7 Oisif mélancoliqueAjouté le 4/10/2010 Oisif mélancolique, oiseau unique, ange joliment plumé, ainsi se présente l’auteur de ces lignes (une sorte de Peter Pan cruel et joyeux, mais parfois aussi un rat taciturne). Au-delà de cette façade mondaine, loin de certaines noirceurs facétieuses j’ai gardé en moi une part de très grande pureté. Dans mon coeur, un diamant indestructible d’un éclat indescriptible. Cet éclat transcendant, vous en aurez un aperçu à travers mes modestes oeuvres.
======= Venez vous agiter salutairement les neurones en lisant les textes rafraîchissants et incendiaires de mon site : http://izarralune.blogspot.com +++++++ COORDONNEES COMPLETES DE L'AUTEUR : Raphaël Zacharie de IZARRA 2, Escalier de la Grande Poterne 72000 Le Mans 02 43 80 42 98 raphael.de-izarra@wanadoo.fr ======= Trois textes délicats
1 - Réponse à madame Sand,
Recevez donc, dès maintenant, ma plus respectueuse tendresse. Elle ha- bite, vive, chaude et belle, dans le cul- tuel endroit de mon pauvre coeur. Ce dernier est, il est vrai, serré et il me faut avec sagesse passer le stade trop sec, très étroit et fermé des imaginations infantiles. Oui, je le con- fesse : j'use sans détour ma salive à vous conter maintes fadaises, afin de mieux faire pénétrer en vous l'idée d'une amitié chaste et pure. Mon objet unique, qui est généreux, est de conquérir votre coeur de femme. Mes manières vous feront hurler sans doute, mais ces mots sont inspirés par l'amour. Ma langue, fortifiée par l'action, demeurera au service de mon coeur. Même s'il s'est enfoncé profondément dans ce très beau cul- te de l'amour impossible jadis, il renaît enfin, vierge et heureux de se trouver ici écarté de ses propres erreurs passées. Aujourd'hui je ne crains plus de vous avouer qu'il est difficile d'aimer en adulte. Mon tendre baiser par derrière ces mots que vous lisez ici se pose sur votre front : je vous aime chastement. Raphaël Zacharie de Izarra 2 - Un doux présent N'avez-vous pas, très chère, le secret désir de vous faire offrir un pieux ouvrage en gage de chaste amitié, et ainsi mettre, en toutes circonstances et dans une ambiance très cul- turelle, un peu d'émotion livresque lors de nos belles rencontres ? J'ai devancé vos désirs ma mie, et vous recevrez, bientôt ma foi, un précieux recueil de très jolis poèmes mystiques où coha- bitent dans une heureuse union, à la fois puissante et profonde, des vers en vieux français et d'autres en latin plutôt classique. Vous vous laisserez prendre très facilement, j'en suis persuadé, par cette saine lecture. Je sais que vous connaissez bien le latin. Et vous saisirez avec plaisir, tant sont grandes vos capacités intellectuelles, la grandeur et la subtilité du propos poétique. Mais non sans avec une certaine agitation néanmoins sur le plan anal- ytique, parce que l'interprétation n'est pas très aisée. Cela dit, le beau sujet qu'on admire, et que peu de gorges sont aptes à honorer, c'est la partie des textes chantés. Un ravissement pour mélomane ! Il faut bien vous représenter la dimension peu commune de cette oeuvre unique. A divers niveaux elle a su inspirer de grandes et belles choses. A votre façon, puissiez-vous tirer avec moi grand profit de cet humble présent que je vous ferais bientôt parvenir. Raphaël Zacharie de Izarra 3 - L'écu avant l'anneau Pour vous plaire je vais maintenant mettre ma belle plume au service du grand et digne amour qui m'ha- bite. Franchement je vous le dis, dans votre joli cul- te amoureux vous restez forte. Je sais, votre coeur est bien gros... Et cela vous fera souffrir sans aucun doute que j'attende encore avant de vous passer l'alliance, mais sachez que jusqu'au bout, et sans jamais faiblir, j'attendrai d'avoir une situation avant de vous épouser. Je vous enfilerai, sans regret et pour le meilleur, ce bel anneau autour du doigt, et vous deviendrez alors le cher objet de toutes mes passions. Oui, j'écarterai votre cu- ré de la scène s'il le faut, mais vous deviendrez mienne. Dans la chaleur d'une union intime vraiment très ard- ente et la sécurité d'un doux foyer. A l'abri du besoin. Raphaël Zacharie de Izarra ======= Envoyé à un voyant qui me propose ses services
Bonjour,
Je viens de vous appeler au téléphone pour vous dire vertement ce que je pensais de votre "métier".
Je n'ai pas eu le temps de me présenter, vous avez raccroché avant que je ne vous rappelle la vérité censée vous remettre à votre place véritable : parmi les profiteurs de la faiblesse de leurs semblables.
Je conçois qu'il soit difficile de recevoir en pleine face ce genre de vérité. Votre réaction est humaine. Je comprends également que vous n'ayez pas de temps à perdre avec les détracteurs stériles de mon genre quand vous tarifez vos services 25 euros...
Malheureusement pour vous, moi j'ai du temps à consacrer au redressement du vice et de la bêtise humaine.
Certes vous avez en partie raison de vouloir frapper d'un impôt (à votre profit) la crédulité crasse de votre prochain. Et de dûment lui facturer son déplacement jusqu'à chez vous. Vous estimez d'ailleurs le prix de son indigence à 25 euros, c'est honnête.
Là où vous avez tort, c'est de faire payer 25 euros au gogo en le laissant à ses illusions au lieu de lui faire pédagogiquement regretter sa visite chez vous...
25 euros pour faire devenir les gens plus intelligents au lieu de les rendre encore plus bêtes, voilà qui serait une activité honorable !
Je m'explique : au lieu de promettre au pigeon ce pour quoi il est venu, ces sempiternelles fadaises qui éblouissent imbéciles et esprits faibles, promettez-lui ce qu'il ne veut surtout pas entendre. En agissant de la sorte vous lui diriez tout simplement la vérité.
LA VERITE.
A savoir, que ses problèmes ne pourront être résolus que par lui-même -s'ils ne sont pas définitivement sans remède- et qu'il n'a rien à espérer de la part des charlatans de votre espèce dont le seul intérêt est qu'il revienne encore et encore exposer ses problèmes...
Il en aurait toujours pour ses frais mais au moins il repartirait de chez vous miraculeusement guéri de sa sottise.
Certes il ne reviendrait pas vous revoir de sitôt.
Mais il serait définitivement dégoûté et de sa propre ânerie et des braiements des voyants...
Vous feriez votre beurre en donnant une fructueuse leçon d'intelligence à votre prochain. Et non en le maintenant dans son ineptie.
Il est vrai que si vous adoptiez ma méthode d'élévation des esprits, cela serait beaucoup moins lucratif pour vous. Abaisser les âmes avec votre méthode est un vrai filon sur le plan de la rémunération, je l'admets.
Mais vous seriez avantageusement consolé de la perte d'argent par un gain considérable d'auto considération.
Je vous engage vivement à opter pour cette méthode de voyance pédagogique très gratifiante en termes d'élévation des êtres. Et d'estime envers l'Humanité.
Cordialement.
Raphaël Zacharie de IZARRA
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POLLUEZ ! Pour contrer les adeptes de l'hérésie millénariste du "Veau d'Or vert" en proie à l'hystérie climatique qui annihile jusqu'aux plus critiques et érudits des esprits de ce monde aliéné à la vérité médiatique unilatérale, je propose l'électro-choc izarrien : la libération effrénée des particules vivifiantes de l'intelligence dans l'atmosphère de la pensée contemporaine polluée, enfumée, sclérosée par les versets écologiques. Quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise, tout le pétrole sera brûlé, d'une façon ou d'une autre. Nos lois anti-pollution et "moteurs propres" ne sont que décrets de fourmis et agitations de papillons au regard de leur impact réel sur la planète : insignifiant. Plus vite on brûlera nos réserves d'hydrocarbures, plus vite le problème psychologique de la "pollution" sera réglé. Car le problème de la pollution est plus dans les têtes que dans les faits. Puisque de toute façon notre énergie fossile sera consumée (plus ou moins vite il est vrai, mais là encore à l'échelle géologique un an, un siècle ou mille ans reviennent au même), autant mener rondement l'affaire en profitant pleinement des bénéfices que cela nous apporte. Culpabiliser pour "la planète" comme disent les messies d'opérette et leurs disciples infantilisés, (tous persuadés de "rouler propre" avec leurs voitures thermiques), n'empêche pas les hydrocarbures de brûler. Ni ne fait qu'ils se consument plus légèrement... Au passage il est intéressant de noter que les termes "pour la planète" sont en voie de devenir magiques : l'argument purement émotif se suffisant à lui-même. Vide mais efficace. De l'ordre du superstitieux. Dans leur acception intrinsèque les voitures propres n'existent pas. Rappelons que "polluer moins", c'est comme "tuer moins", "empoisonner moins", "détruire moins". Faire "moins sale" n'a jamais fait propre. Ou plus exactement, parce que quand il s'agit de brûler les réserves de pétrole la notion de "polluer moins" n'a plus aucun sens, il serait plus juste, plus honnête de dire : POLLUER PLUS LENTEMENT A L'ECHELLE HUMAINE. Ce qui revient à dire polluer à l'échelle de la psychologie collective. Mais non à l'échelle géologique. Ce qui dans les faits, et rien que dans les faits, est dérisoire. Encore une démonstration éclatante que la pollution de la planète est surtout dans les cerveaux ! Non l'humanité n'est pas folle au pont de se suicider, asphyxiée par ses propres exhalaisons ! C'est sous-estimer l'Homme et son génie que de lui prêter de si piètres instincts ! Les écologistes ne sont que les manifestations hystériques de l'humanité, une fausse alarme, non ses anticorps. A l'échelle mondiale l'écologie est une fièvre passagère, une réaction épidermique, un frisson d'obscurantisme. Une diarrhée bruyante mais peu virulente. Les écologistes sont très actifs. Le monde malgré tout poursuit ses activités industrielles et économiques, les émanations carboniques de la Chine étant la preuve réconfortante de la bonne santé de l'humanité qui heureusement ne s'arrête pas de respirer pour une simple allergie locale. De toute façon nous ne polluerons jamais plus que nos réserves ne nous le permettent. Or, à entendre les Verts, nos rejets nocifs sont comme des vannes de plus en plus larges ouvertes sur le ciel, toutes issues de puits intarissables... Fumée ! Hystérie ! Absurdités ! Ce n'est pas parce que les écologistes font plus de bruit que les cheminées des usines qu'ils ont raison. En général les malades se plaignent avec fracas : ils gémissent, crachent, pleurent, crient. Tandis que les bien-portants restent discrets. Polluons donc sans remords car la pollution n'existe pas, du moins ses effets concrets sur les éléments sont insignifiants. L'homme qui a plus d'un tour dans son sac et jamais ne dit son dernier mot trouvera toujours des solutions à ses problèmes. Plus vite nous épuiserons nos réserves d'énergie fossile, plus vite nous trouverons d'autres "sources de vie" pour faire tourner nos moulins. Dans cette perspective, polluer c'est oeuvrer indirectement pour le progrès. Plus nous "polluerons", plus l'ingéniosité humaine brillera pour inventer des soleils, mettre de la lumière dans nos moteurs, de l'intelligence dans nos centrales électriques. Polluez, polluez au lieu de vivre dans la peur et la culpabilité, polluez et vous serez sauvés de l'inanité des Verts -amis des bêtes et ennemis des hommes, laudateurs des oeuvres de la friche et détracteurs de la Civilisation- qui à force d'imaginer des noirceurs finissent par voir rouge quand -et c'est dans l'ordre réel des choses, la loi douce de l'évolution- l'avenir s'annonce définitivement rose. Raphaël Zacharie de IZARRA ======= Comme la plupart des irresponsables complices de l'hystérie collective, vous êtes simplement victime du discours médiatique qui vous sert son mets préparé favori. Les médias depuis des décennies ont proposé pleins d'autres plats plus ou moins racoleurs, plus ou moins dans l'air du temps et c'est la purée verte qui a eu le plus de succès : elle est donc devenue vérité officielle. Infiniment plus urgent, plus vital et réel est le problème de la faim ou le problème de la malaria, fléaux REELS complètement tus par les médias. La pollution est une hérésie médiatique reprise par certains politiques et répercutée sur les populations repues plus réceptives aux idéaux "modernes" (idéaux gratifiants en terme d'image socio-culturelle) qu'aux soumissions à des nécessités pesantes. "Sauver la planète" -qui n'a jamais été en péril- donne du lustre à l'ego, à la communauté. Bref, les moutons écologistes bêlent en choeur dans leur pré vert pendant que leurs frères humains du sud souffrent dans un silence médiatiquement correct. Chaque époque a cru à la fin du monde : comètes, sorcières, athéisme, an mille, avènement de la poudre à canon, de l'imprimerie source de diffusion de toutes les hérésies, etc... Les prétextes les plus absurdes faisaient entrevoir le pire. A chaque siècle ses névroses. Raphaël Zacharie de IZARRA
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RAPPEL POUR TOUS
======= VIVE LA POLLUTION !
La pollution est une réalité plus médiatique qu'effective, à mon sens.
Je ne nie pas la pollution, je prétends seulement qu'elle est insignifiante. Je ne crois pas que l'homme puisse faire fondre les pôles. Et quand bien même il le pourrait avec ses petites fumées, quelle importance ?
Depuis que l'homme est sur terre il n'a cessé de la transformer, de canaliser ses forces, de l'embellir, de la domestiquer à sa convenance.
Bref, de donner un visage humain à la friche originelle.
Agir sur notre globe originel, c'est nécessairement le défigurer.
Creuser le sillon n'a rien de naturel, certes. Mais justement, c'est cela que l'on appelle la CIVILISATION. Fondamentalement le geste est le même entre faire naître un sillon et faire sortir de terre des usines : l 'acte reste un acte de civilisation.
La seule différence est dans la profondeur de la plaie dans le sol occasionnée par le génie humain. Mais le principe est le même.
Pour réduire, voire éliminer radicalement la pollution, il faudrait tout simplement cesser de vivre. Absurde, non ?
Ne perdons pas le nord : vivre c'est polluer. Revoyons plutôt la notion de "pollution", puisque respirer c'est fatalement "polluer". Que ce soit le poumon humain ou le poumon industriel qui rejette du "gaz nocif", fondamentalement quelle différence ? Les deux sont au service de l'homme. La pollution fait partie intégrante de la vie comme la mort, la souffrance ou les morpions.
Excréter, uriner, suer, rire, aimer le beurre, les carottes, son chien, ses enfants, sa femme, sa maîtresse, n'est-ce pas contribuer activement à la "pollution" ? L'écologiste primaire voit les problèmes sans aucun recul, essentiellement à échelle sociale, psychologique et non dans sa globalité, sa complexité, ses nuances. Encore moins sous l'aspect philosophique.
Débarrassée des fumées émotionnelles, la "pollution" ne signifie plus grand chose. A la lumière de la pensée rationnelle cette "pollution" est à reconsidérer car elle n'a plus du tout le même sens vue sous l'angle de la subtile, durable et gigantesque machinerie géologique qui se moque des spéculations humaines...
Je suis persuadé que les fumées d'usine -tout comme les vomissements volcaniques- s'incluent dans la complexe, miraculeuse alchimie des éléments. Selon moi les fumées industrielles ne s'opposent pas à l'ordre : au contraire elles entrent dans la danse géologique. La planète réagit aux agressions comme notre corps face aux virus : elle tire profit des stimulations extérieures pour recombiner ses éléments et s'enrichir, trouver des parades, se complexifier à l'infini.
Elle se réinvente en permanence, se renforce pour mieux tourner, durer, briller avec ses soeurs dans la grande symphonie galactique. A l'image du corps humain qui s'adapte à son milieu et gagne des centimètres, des anticorps, des années de vie supplémentaires avec les siècles et, parallèlement, invente l'agriculture, l'Art, le chant grégorien, les réseaux d'égout, les médicaments, les fusées interplanétaires, INTERNET, etc.
Tout dans la nature nous montre que la vie est un principe auto-régénérateur, auto-réparateur d'une insoupçonnable ingéniosité triomphant de tout, s'imposant partout, émergeant de toutes part sans explication.
N'est-ce pas miraculeux ?
Bien sûr entre l'agression (ou plutôt la stimulation extérieure) et sa mise à profit il faut un laps de temps nécessaire. Plus la machine est imposante, plus elle a besoin de temps pour s'adapter à sa nouvelle condition. Entre la plaie et sa totale guérison il y a la cicatrice. Ce que nous vivons à notre échelle, ce sont les effets immédiats de ces stimulations. Pour faire simple, les plaies, les cicatrices. Pauvres fourmis naviguant sur le vaste paquebot planétaire, nous sommes trompés par notre manque de recul... Mais nos enfants naîtront dans un monde réparé et fortifié.
Le principal défaut des images spectaculaires que l'on nous montre au sujet de la pollution, c'est qu'elles sont spectaculaires précisément.
Le prodige de l'adaptation des éléments face aux activités humaines, volcaniques, telluriques ou cosmiques est, il est vrai, moins clinquant pour l'oeil blasé, moins retentissant en termes médiatiques. Cette merveille des merveilles est plus lente à constater (plus difficile à admettre psychologiquement tant les humains, habitués à les voir, ont tendance à les nier), elle n'en est pas moins réelle.
"Pollution" est un terme dont le sens a été perverti pour servir des causes politiques : sa forte connotation négative agit puissamment sur la psychologie des foules de la même manière que les termes "chrétien", "juif", "républicain", "hérétique" furent en d'autres temps lourds de conséquences pour qui y était sensible.
L'humanité des ânes a un grand défaut : elle réagit comme une girouette au vent médiatique. Il aurait suffit que depuis une ou deux décennies les médias insistent sur les dangers d'une éventuelle collision d'un astéroïde contre la planète (au lieu de focaliser l'humanité sur la pollution) pour qu'aujourd'hui la mode soit à l'hystérie cosmique...
Il se trouve que c'est la pollution qui a "marché" médiatiquement parlant, alors le monde (des nantis) s'est mit au vert. La prise de conscience écologique est purement artificielle, fabriquée de toute pièces par les médias et non pas spontanée, intuitive. La preuve qu'elle n'a rien d'universel, c'est qu'elle est active exclusivement dans les "pays snobs". L'écologie est la morale des nantis, la religion des repus, l'idéal des âmes bernées par les apparences.
A mes yeux le vrai problème de l'écologie c'est l'eau. Le reste n'est que divagations et fumée.
Quant aux fumées d'usines, elles prouvent la bonne santé de l'humanité. Les pays pauvres envient nos émanations industrielles. Que les écologistes aillent tenir leurs discours devant les miséreux des bidonvilles qui bavent d'envie devant nos villes propres et débordantes de richesses ! Ils passeront pour des fous. Pire : des criminels.
Jusqu'à aujourd'hui je n'ai jamais été malade en mangeant des produits issus de la terre, ni été intoxiqué par l'ingestion d'eau, encore moins eu la peau brûlée par la pluie... Au contraire je trouve l'air respirable (même en ville), la nourriture excellente, la campagne enchanteresse, les étoiles magnifiques au-dessus du monde. La civilisation a du bon, tandis que la misère, la sauvagerie, l'ignorance, la régression sont de vrais calamités.
Certes il y a quelques forêts détruites par des pluies acides en Allemagne dont on a fait tout un fromage... Les forêts allemandes ne sont pas les forêts du monde entier. Ce n'est pas parce qu'on montre des images sensationnelles d'un drame local que la planète est en feu pour autant. On ne cesse de nous montrer les parties blessées de notre monde tout en omettant de nous montrer ses vastes parties saines... Quand les Verts mettent le doigt sur les infimes furoncles de la terre, moi je vois les océans végétaux de l'Amazonie encore vierges, je vois les immensités intactes et sauvages de la planète, toutes ces beautés terrestres, cette santé géologique, ces espaces sains, ces réserves naturelles, ces richesses potentielles dont on ne parle JAMAIS.
Raphaël Zacharie de IZARRA
======= MACHO
Les eunuques ont pris place dans notre société émasculée. Toute une génération qui se sent à l'aise dans ce monde de caniches. Il ont leur leur roi -couronné de dentelles- et ce roi s'appelle Dupont, leur olympe -le poulailler-, leurs lois -le code des pédés-, leurs grands centres de féminisation aussi, nommés "médias", "république", "publicité".
Leur pire ennemi : la virilité. Leur credo : la castration. Leurs opinions : celles de leur femme.
Poules d'eau vêtues de tutus mentaux, mauviettes mouillées dans les affaires de tata, héros du métro chaussés de pantoufles, ces roquets à la dent molle prônent le nivellement des ****s, l'édulcoration des genres, voire le total rabaissement phallique, confondant volontiers la morale du mâle avec le code du parfait châtré.
Ils ont une fierté de limace, des intentions de toutous, des revendications de soumis.
Persuadés de respecter la femme parce qu'ils la laissent démocratiquement piétiner leur épée de son talon-aiguille (ce fer-de-lance de la volaille en révolution), tordre leur marbre originel devenu bâton de guimauve, briser leur double vase solaire, ils sont devenus féministes, sodomites, avorteurs...
Et prennent leur dévirilisation pour de la galanterie.
Rasés de la tête aux pieds, annelés comme des bestiaux matés et adoptant les moeurs veules, plates, flasques des hôtes des potagers, ils ont fini par arborer la face placide des pantins poltrons, singer les allures ternes des mignons moineaux de mai...
Au nom de la parité Mars-Vénus ces jolis sont d'accord avec toute avancée de la cause pourvu que leur panache piteux de coquelets déplumés ne dépasse pas la permanente des porteuses de jupes qui les tiennent en laisse...
Après avoir lamentablement poussé les caddys de supermarchés, ces torcheurs de nourrissons s'attèlent aux landeaux... Ils donnent même le biberon ! A quand l'allaitement ?
Moi je suis un macho, un vrai. Sans chaîne.
Mâle immémorial, héritier sain de mes gamètes intacts, imperméable aux siècles, antipathique mais authentique, nulle femme ne saurait me dénaturer.
Je suis un dominant, un vainqueur, un lion.
Porteur du sceptre qui désigne l'astre masculin auquel je m'identifie, je sais où est la place de l'homme et où est celle de la femme.
J'ai avec moi l'autorité innée de ceux qui ont conscience d'être fils de Râ et s'en glorifient. Au lieu d'en rougir devant l'autel mensonger des féministes.
Un mâle est un seigneur, la femme son naturel laudateur.
C'est la loi.
La loi des ****s, non celle du siècle. Toute descendante d'Eve qui se révolte contre la souveraineté de son demi-dieu n'est pas digne de se faire ensemencer. La gloire de la femme est dans les germes d'humanité qu'elle porte en son sein, non dans le venin du féminisme qu'elle inocule à son maître.
Je suis un macho, un pur, un dur, sans artifice. Ma pensée est de fer, mon front est lumineux, mon flanc divin.
Mon regard choisit, ma main désigne, mon bras décide, la femme dit oui.
Borné, moi ?
Non, simplement burné.
Raphaël Zacharie de IZARRA
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Ici est l'espace dédié aux admirateurs-détracteurs de ma belle et noble personne (en fait mes détracteurs sont surtout des admirateurs qui s'ignorent - ou feignent de s'ignorer en tant que tels)...
Je suis très flatté que des "détracteurs" me consacrent tant de temps, d'énergie et d'espace afin que je puisse m'izarrifier chez eux en toute impunité. C'est un grand honneur que vous me faite ici monsieur et je profite sans restriction de votre immense bêtise -et de votre involontaire générosité- pour augmenter mon score sur GOOGLE. Peu importe que l'on parle de moi en mal ou en bien pourvu que l'on parle de moi. Il n'y aura jamais trop de place pour moi sur la toile. Je souhaite être le premier. (Tapez mon beau nom à rallonge sur GOOGLE : presque 1 million de réponses à ce jour !) J'espère que vous n'effacerez pas les traces de mon passage en ces lieux car je compte enrichir et allonger cette page de mes textes les plus éclatants. Pour ma gloire et pour le salut des ânes (car les leçons izarriennes sont hautement pédagogiques). Raphaël Zacharie de IZARRA =======
Modestement à travers quelques centaines de textes http://izarralune.blogspot.com/ j'ai embrassé de près ou de loin tous les aspects du monde -des choses comme des hommes- dans toutes les directions imaginables, du gouffre le plus bas au sommet le plus glorieux, de l'anodin au sublime, de la bête au divin, du simple caillou à qui j'ai donné la parole jusqu'aux feux galactiques que j'ai fait taire devant un battement d'aile.
Sur le plan du palpable je suis parti du microcosme pour me hisser jusqu'au macrocosme, sans omettre de poser mon regard à hauteur des boutons de chemise de mes semblables. Du point de vue des choses de l'esprit j'ai exploré les vices les plus baroques autant que les vertus les moins partagées, je suis allé sonder les petits ruisseaux mentaux de mes frères humains mais aussi les fleuves nocturnes de mes chats énigmatiques.Je suis allé chercher le feu olympien à droite et à gauche, m'attardant à l'occasion sur mes doigts de pied.
J'ai fait tout un fromage de vos mesquineries de mortels, une montagne de mots des fumées de ce monde, un pâté de sable de vos trésors.J'ai abordé de près ou de loin tous les thèmes : l'amour, la laideur, la solitude, la vie, la mort, les fraises des bois, les rêves, les cauchemars, l'excrément, la lumière, le houblon, la pourriture, l'encens, l'insignifiance, le grain de sable, les poubelles de mon voisin, les relents gastriques de Jules César, l'encre de Chine, le plaisir, le vinaigre, la douleur, la mer...
Tout, absolument tout ce que contient notre pauvre monde et même au-delà a été intégré à mes textes.J'ai embrassé l'Univers d'un regard à la fois grave et loufoque, limpide et fulgurant, lucide et léger, aérien et "enclumier" : celui de ma plume.A travers ce blog je vous invite à faire un tour relativement rapide de l'humanité et de l'Univers, de prendre la mesure de tout ce qui existe et n'existe pas en quelques centaines de textes futiles et mémorables, éloquents et sarcastiques, répugnants et délectables, pleins de grains de sel et de justesse.
Raphaël Zacharie de IZARRA
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Tags : Catégorie : Non spécifié | Commentaires (0) | Ecrire un commentaire |23 textes funèbresAjouté le 4/10/2010 Des mots funèbres en vingt-trois textes pour rire et pleurer au bras de la Camarde.
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1- Macabre baiser Vous m'avez tué. Mon cadavre étendu sur les dalles froides de la cathédrale s'est vidé de sa chaleur. La lame assassine gît non loin de mon corps. Mes yeux ouverts et inexpressifs fixent les voûtes plongées dans la pénombre. Il s'agit bien de mon cadavre. Ce sont bien mes yeux qui sont ouverts sur le néant, c'est bien mon sang qui tache mon flanc, c'est bien ma plaie qui bée. Vous m'avez tué. Vous avez plongé la lame profondément dans mon corps, et mon coeur déchiré s'est tu pour toujours. Jamais plus il ne battra. Vous m'avez tué. Je suis mort. Je n'existe plus. Que vous reste-t-il, meurtrière que vous êtes ? Que vous reste-t-il à aimer à présent que je suis mort, à présent que vous avez tué le cher objet de votre amour ? Je vous ai tendu l'arme dans un ultime geste de provocation et vous avez été jusqu'au bout de votre logique. La lame du poignard a servi votre cause désespérée et me voilà mort. Jamais plus je ne vous dirai des mots d'amour. Il ne vous reste plus rien que des souvenirs. Alors, criminelle impie, vous commettez l'odieux blasphème, au nom de l'amour. Vous vous approchez de mon corps, de mon cadavre, de ma dépouille, de ce macchabée déjà froid qui me ressemble tellement... Mes lèvres bleuies par le masque glacial de la MORT sont rigides. Vous approchez votre visage de mon visage de pierre. Pas un souffle ne sort de ma bouche. Vous approchez encore... Vos lèvres chaudes effleurent mes lèvres mortes. Puis imperceptiblement elles se referment sur ma bouche à jamais close. Vous venez de m'embrasser. Vous venez de voler un baiser à un mort, ce mort qui de son vivant n'avait jamais voulu vous accorder ce baiser. Et j'emporte la caresse de vos lèvres dans la tombe. +++++++ 2 - La grande Crâneuse Monsieur, Aujourd'hui c'est votre fête. Peu habitué à recevoir des hommages, vous voilà servi : c'est aujourd'hui qu'on vous enterre. Rassurez-vous, vous n'aurez aucun discours à prononcer. C'est vous le héros. Aujourd'hui vous êtes grand, solennel. Et assez crédible. Etendu dans votre linceul, vous avez les allures d'un digne pontife de l'administration. Un vrai notable ! Ha ! cet homme quasi homérique que vous n'avez jamais été dans votre vie... Ce front de chef de rayon, de responsable syndical, de gagnant du loto, vous l'avez enfin hérité. Pour une fois la bière vous donne de la prestance. Quel panache vous confère votre nouvel état ! Recte, hautain, indifférent... Un vrai seigneur. Vous êtes presque impressionnant dans votre soudaine immobilité. Méconnaissable. On fait silence autour de vous. On s'abstient même de fumer. Vous voyez, il suffit de pas grand-chose pour que l'on vous respecte : de la rigidité, un peu de pâleur, ce je-ne sais-quoi de formel, de formolé, de naturel. Vos proches, hérétiques, s'imaginent que vous irez directement au trou, que tout est fini pour vous. Vous le pensiez aussi, Monsieur. Moi je vous dis que ce n'est que le commencement pour vous. Le plus dur, c'est qu'il faudra vous habituer à avoir de l'esprit. Beaucoup d'esprit. Rien que de l'esprit : vous ne vivrez désormais qu'à travers cette constante essentielle qui faisait si cruellement défaut à votre existence terrestre. Aussi, je vous souhaite vraiment bon courage, Monsieur le mort. +++++++ 3 - Le convoi L'humble convoi s'ébranle dans la brume. Un vent d'automne soulève quelques feuilles mortes qui tourbillonnent autour des visages, puis retombent aux pieds des marcheurs, dont je fais partie. Le ciel est gris, plombé, le froid pénètre les coeurs en deuil. Les pas sont lents, pesants, feutrés. Le silence de la troupe est inhabituel. Eloquent, il dit l'essentiel. Les regards sont pénétrés, les fronts baissés, les mines affligées. De temps à autre des sourires dignes s'échangent entre deux murmures. La scène est pénible, désagréable, douloureuse. Et puis, après quelques minutes sombres et solennelles, un ange passe. Un moment de pure poésie, un instant de grâce. Le tableau pathétique se transforme et m'apparaît sous une lumière inattendue. Tout semble irréel, doux et lointain, idéal et serein. Comme si les suiveurs du convoi étaient désincarnés, hors du temps et du monde matériel, évoluant dans un univers de mystère et de beautés étranges. Je vois une troupe d'êtres célestes escorter une étoile jusqu'au seuil du firmament pour lui dire adieu. Les visages qui m'entourent n'ont plus de nom. La poésie universelle a transfiguré les êtres et les choses. Et à travers les larmes j'entrevois le pur cristal d'une vérité poétique révélée. Le gouffre ouvert à mes pieds ne m'effraie pas, et la vue de cette chose qui gît au fond n'a point ce goût amer que j'avais tant redouté. J'y lance quelques chrysanthèmes séchés, étonné par la sérénité de mon geste. Au passage d'un vol d'oiseaux au-dessus cette assemblée recueillie, quelques têtes se lèvent au ciel. Tout est fini. On vient de mettre un ami en terre. +++++++ 4 - Une visite à la morgue Ca y est, maintenant tu es mort Raphaël. Bel et bien mort, et plutôt deux fois qu'une. Regarde-toi une dernière fois, ou plutôt regarde ton cadavre pour la première fois. Il est là, sous toi. Tu as vu, c'est le tien, c'est ton cadavre. Et il est déjà froid. Tu es mort Raphaël. Regarde, tes yeux sont clos pour l'éternité. Ton visage impassible, bientôt voué à la poussière, est le visage d'un mort. De la Mort aussi. Sur tes lèvres muettes on dirait un sourire. Mais non, c'est le rictus de la mort. Tu n'es plus, ta dépouille est étendue. Tu es devenu un gisant. Et comme tous les gisants, la terre sera ton lit de mort. Tu es comme un roi aussi. Comme eux tu gis, pauvre mortel que tu es... C'est vrai que tous les cadavres sont égaux. Es-tu heureux ? Regarde ta bien aimée qui se penche sur ton visage sans vie, elle fixe tes yeux morts. Elle s'imagine peut-être que tu vas les ouvrir juste pour elle... Mais non, tu ne bouges pas, tu n'es plus qu'un cadavre. Tu es devenu un mort maintenant, tu es content ? Tu vas être célèbre un jour durant. Ce sera ton heure de gloire en somme. Ils seront tous là pour toi. Tes amantes te pleureront. On regardera ce macchabée qui porte le nom de Raphaël, et on le chérira mieux que le corps d'un vivant. Tu seras touché une dernière fois par des mains de femmes. Témoins de tes amours révolues ou en cours, ces maîtresses d'un jour ou d'une éternité te rendront hommage. Évidemment ta mie officielle sera aux premières loges. Elle sera l'invitée d'honneur en quelque sorte. Mais pour l'instant tu es dans la chambre froide. On va préparer ton cadavre pour les noces : tu viens de te marier avec la Camarde. Pas très jolie ni toute jeune ta dernière amante, il faut le reconnaître. Ca ne sera pas ta plus glorieuse conquête, c'est vrai. Mais tu n'as pas le choix Raphaël. Il faudra désormais partager ta couche avec cette éternelle ricaneuse, piètre épouse pour les plaisirs mais infiniment fidèle envers ses élus : elle n'abandonne jamais ceux qu'elle prend dans ses bras. Au moins tu ne pourras pas te plaindre qu'elle te dise adieu un jour. Avec elle c'est pour toujours. Sens-tu la main de ta chère éplorée sur ton corps inerte ? Non bien sûr, mais tu la vois d'ici. Elle devait t'aimer beaucoup pour ainsi baiser ta chair froide. Les lieux sont plutôt sinistres pour ce genre de débordement amoureux... En retour tu lui témoignes d'ailleurs toute ta froideur. C'est dire la mesure de ton flegme. Jusqu'au bout tu auras été un imperturbable amant. Aristocrate, hautain, plein de morgue. Mais attachant. Ta vie est maintenant terminée Raphaël. Ton cadavre est bien rangé dans le tiroir blanc de la morgue, aligné comme un soldat. Tu as presque fière allure dans ton irréprochable rigidité. D'ailleurs ton costume te va à ravir : il n'y a pas un pli. Pour une fois tu es élégant : tu te tiens bien. Ta fiancée te regarde dans la fraîcheur de ta mort. Tu as encore bonne mine. Mais elle te reverra aux funérailles. Espérons que tu feras aussi bonne figure. Une main vient de pousser le tiroir frigorifique. On ferme ! +++++++ 5 - Le fossoyeur et l'éplorée - Qui donc gît dans cette tombe, elle n'a pas de nom ? - Cette tombe n'a pas de nom en effet. Elle est vide. - Vide ? Elle m'a l'air bien apprêtée cependant. - Madame, qui que vous soyez, sachez que cette tombe est bel et bien vide. Le mort se fait désirer. Il traîne en chemin. - Ne serait-ce pas Raphaël, ce mort qui fait des siennes ? - C'est bien lui, effectivement. - Alors sachez que c'était mon amant et que ça ne m'étonne pas de lui. Cela dit en tant qu'amante du défunt, je suis en droit de m'étonner de ne pas voir son nom gravé au haut de cette tombe. - Madame, qui que vous soyez, amante d'un vivant ou d'un cadavre, souffrez que le défunt ait désiré faire graver les noms de ses aimées au sommet de sa pierre tombale. Par ailleurs le mort est tout frais, en général on s'occupe de l'épitaphe une fois le cadavre installé dans sa résidence, clé en main si je puis dire. - Et quels étaient les noms de ses amantes, vil fossoyeur ? - Attendez voir que je regarde les archives... Pour les noms à faire graver sur cette tombe vierge, il y avait Elodie, Christine, Isabelle, Ophélie, Kristel, Chantou, Marie... - Avez-vous une Marianne dans votre liste ? - Une comment dites-vous ? - Marianne. M comme Mort, A comme Agonie, R comme Rigidité cadavérique, I comme Inhumation... - Marianne... Attendez voir... Marie... Marie-Ange... Marie-Anne... Non, Marianne j'ai pas. - Stupide manoeuvre, auriez-vous omis de noter le nom de sa dernière aimée ? - Madame, je ne suis pas graveur sur marbre, mais fossoyeur. Ca n'est pas moi qui m'occupe de ce genre de détail. Je ne fais que vous lire les archives. Adressez-vous à qui de droit pour votre réclamation. De toute façon les archives seules font autorité. Si "Marianne" n'est pas dans le registre officiel, c'est que le défunt n'a pas émis la volonté de faire graver ce nom. C'est clair. A mon avis il ne vous aimait pas tant que ça. - Le ferme, imbécile de manuel ! En fait c'est parce que je fus justement sa dernière amante. Mon nom n'est pas dans vos archives parce que le défunt n'a jamais su que je l'avais embrassé. Je n'avais même pas songé à ce détail stupide... A la minute où je fus son amante, il était déjà mort. Tué par ma propre main. Tant pis pour moi, je ne connaîtrai pas la gloire tombale. Allons, hâtez-vous dans votre tâche fossoyeur, on ne saurait faire attendre les morts. - Madame, permettez-moi de vous rappeler que pour le moment c'est le mort qui se fait attendre. +++++++ 6 - Une visiteuse Un soir on a frappé à ma porte. J'ai ouvert en hésitant un peu car les douze coups de minuit venaient juste de sonner. Une étrangère au teint blafard et au sourire ravageur est entrée. Elle s'est invitée d'elle-même non sans une certaine désinvolture. A peine passée le seuil de ma porte, l'hôte indésirable m'a aussitôt tenu un discours sans ambages : - Raphaël, je suis venue te chercher. Le glas a sonné pour toi. Viens donc contre moi que je t'enlace, t'embrasse, te serre dans mes bras d'airain, avant de me suivre jusqu'au fond des ténèbres. - Madame, qui que vous soyez, souffrez qu'à une heure aussi indue je n'aie pas l'intention de suivre la première mendiante venue. Passez votre chemin, vile séductrice, et ne vous avisez plus de m'importuner. Adieu ! Mais elle a tant et si bien insisté qu'elle est restée. Et nous avons passé ensemble la nuit. Ricanante, laide et perfide, mais d'un charme venimeux, elle m'a tenu tête, tentant obstinément de m'attirer à elle. - Raphaël, vois mes belles dents blanches. On m'appelle la Ricaneuse et ça n'est pas pour rien. Ne les trouves-tu pas à ton goût, mes belles dents blanches ? Mon sourire est irrésistible, inextinguible, éternel. - Et mortel ! - Certes. - Madame, s'il est vrai que l'on vous appelle habituellement la Ricaneuse, permettez que je vous nomme à mon tour la Crâneuse car il me semble que vous avez bien des atouts de ce côté-là. - Raphaël, si tu ne veux pas de moi, moi je veux absolument de toi. Et il faudra bien que tu finisses par agréer à mes vues, aussi austères soient-elles. Je sais que je ne te plais pas. Mais toi tu me plais. Tu seras à moi cette nuit-même, et je t'emporterai dans mon royaume. - Vous êtes bien laide Madame, mais il est vrai que votre laideur est belle à regarder. Eh bien soit ! Je consens donc à partager avec vous ma couche, puisque vous êtes si persuasive. Mais je vous préviens, demain dès l'aube je ne veux plus vous revoir. Vous repartirez sans faire d'histoire, ni sans rien me demander. Faites-m'en la promesse ici. - Je puis te faire cette promesse maintenant Raphaël, car avant l'aube je sais que tu seras à moi pour toujours. La question ne se posera donc plus. - C'est ce que nous verrons, amoureuse maudite ! - Tu seras à moi te dis-je. Le risque est nul pour moi en te faisant une si ridicule promesse, puisque je serai de façon certaine la gagnante et tu seras le perdant. Ignorerais-tu donc mon pouvoir ? Ceux qui s'étendent en ma compagnie ne se relèvent en général jamais. Cette nuit tu t'endormiras dans mes bras sans même t'en rendre compte. Ton dernier sommeil sera doux : ma caresse fatale sur ton coeur sera insidieuse, imperceptible. N'oublie pas que j'agis toujours à la manière d'un voleur. Sans jamais avertir, sans un bruit, sans un mot. A pas de velours. - Et moi je vous dis que vous ne m'emporterez pas cependant. - Tais-toi donc pauvre prétentieux, et fais-moi une place dans ton lit. Nous avons donc froissé les draps ensemble, la Camarde et moi. Mon amante était décharnée de la tête aux pieds et sa chair était sèche et froide. Ses doigts osseux étaient un supplice sur mon corps. Son haleine sentait le caveau et ses gémissements de plaisirs étaient rauques comme les soupirs d'un moribond. Mais je suis resté jusqu'au bout avec l'odieuse maîtresse. Son étreinte était dure et glacée comme le marbre, ses caresses étaient âpres et aiguës comme les cailloux, ses baisers étaient lugubres et morbides comme un chant sépulcral. Les ébats nuptiaux furent affreux. Mais je lui avais donné tant et tant de plaisir, à cette catin du diable, qu'elle en avait redemandé toute la nuit durant. Encore et encore. Et bien que l'aube arrivât déjà, ivre de voluptés et avide de nouveaux plaisirs, la sinistre amante m'enlaçait encore, oubliant la raison primordiale de sa visite. Ma ruse avait réussi. - Le soleil s'est levé, partez maintenant, puisque vous me l'avez si bien promis. Et que je ne vous revoie plus avant longtemps ! Et la Mort dut tenir sa promesse. +++++++ 7- Lettre à un défunt Lettre à un défunt. Vous voilà donc mort Monsieur X. Laissez-moi d'abord vous apprendre, si vous ne l'aviez pas encore compris, admis, intégré, que la cigarette tue. A petit feu certes, mais elle tue. Soyez-en persuadé. Mais aujourd'hui il me semble que vous avez enfin compris la leçon, et réussi par la même occasion à cesser de fumer. Mieux vaut tard que jamais dit-on. Ceci étant dit, passons aux choses sérieuses. Puisque apparemment vous avez pris de bonnes résolutions, c'est le bon moment pour moi de vous expliquer certaines choses. Vous ne m'aimiez guère, ça je le sais. Ca va certainement vous étonner, mais moi je vous supportais avec condescendance, avec un authentique sentiment de supériorité. Vous ne vous en étiez jamais douté ? J'étais toujours très sincère avec vous dans ce genre de rapports. C'était un honneur que je vous faisais là, vous savez. Vous ignoriez totalement quelle image vous offriez de vous à ceux qui, comme moi, vous jaugeaient de si haut... J'avais pitié de cet éternel manuel incapable de la moindre profondeur de vue, de grandeur de sentiments, de noblesse d'âme. Pitié de votre infirmité cérébrale, pitié de vos manières sans nuance, pitié de vos poumons enfumés. J'avais pitié, et c'est pour cela que je ne vous haïssais point. Vous étiez un brave type au fond. Un travailleur honnête et ponctuel. Moutonnier et apolitique. Enfin un peu de droite quand même. Et plutôt à l'extrême droite. Vous étiez légèrement raciste aussi. Et même carrément, avouons-le. Et puis vous étiez un fin épicurien aussi. Enfin ivrogne pour nous comprendre. Mais c'est vrai, maintenant que vous êtes mort, il ne faut pas dire ivrogne... On dira donc épicurien. Jusqu'au bout vous avez incarné la médiocrité. Vous n'aspiriez qu'à de modestes choses en ce bas monde : juste au confort et aux biens matériels. Rien de plus. Vous aspiriez à des choses à votre portée. Vous n'étiez vraiment pas exigeant... Aujourd'hui vous êtes servi, vous avez le Ciel devant vous. Ca va sacrément vous changer de vos petits meubles et de votre télé. En fait vous étiez humain. Oui, finalement je crois que je vous aimais bien Monsieur X. En fait non, je ne vous aimais pas. Ne m'en veuillez pas Monsieur X, c'est juste pour rire. Vous comprenez, rire ? Le sens de l'humour, vous connaissez ? Non pas le vôtre, pas votre humour à vous. Je veux parler des gens qui savent rire sans pour autant montrer les dents. En finesse, en subtilité, en délicatesse. C'est ce qu'on appelle l'esprit. Votre meilleure réussite, c'est encore lorsque vous avez conçu votre fille. Vous savez, votre fille que j'ai rencontrée un jour, que j'ai sortie de son milieu pitoyable... Votre fille qui ne vous ressemble décidément pas. Intelligente, fine, cultivée, pleine d'esprit, diplômée. Tout le contraire de vous. A se demander si vous êtes bien son père. Bon, il y a quand même cet air de famille... Vous avez bien réussi votre coup. Mais même là, vous y êtes un peu pour rien, n'est-ce pas ? Il n'est pas besoin de beaucoup de mérite, encore moins d'esprit, pour une semblable affaire. C'est généralement à la portée du premier imbécile venu. Vous étiez là, vous avez fait l'affaire. Vous êtes mort, et je me devais d'attendre ce moment crucial pour vous dire tout ça. Vous comprenez, vous m'auriez interrompu dès le début si j'étais venu vous raconter toutes ces choses sur votre lit d'hôpital. Ca n'aurait jamais marché avec toutes les infirmières. On m'aurait dit de partir. Et ça vous aurait tellement fatigué... Et puis surtout ça ne se fait pas. Mais maintenant que vous êtes mort, quelle importance ? Ca ne vous fera pas plus de mal. Et ça me soulage tellement de pouvoir vous dire toutes ces choses bien en face... Allez, cette fois je vous laisse Monsieur X. Je vous souhaite tout de même un bon voyage vers l'infini. Adieu donc. Adieu et sans rancune. Je vous laisse à votre destin, voguez donc en paix dans votre éternité. Je vous pardonne. Pardonnez-moi vous aussi. Pardonnons-nous. Je vous donne ma paix. Ma paix. Adieu. +++++++ 8 - Une dépouille ambiguë Ca y est, je suis mort. Etendu dans mon linceul, drapé d'ombre et de mystère, de grandeur et de misère, je suis pâle comme un prince, fier comme un pendu, beau comme un Judas. On se penche avec curiosité et dégoût sur ce spectre au rictus figé. Mes bras sont des ailes noires, mes lèvres des écailles bleues, et mon front est un mur d'insolence. On va ensevelir en vertes pompes ce diable d'ange. On me trouve une mine superbe. Enfin, celle des jours ordinaires : une morgue tout aristocratique. Un je-ne-sais-quoi de repoussant et de charmant. On cracherait presque sur ce trépassé odieux, avec son air de vivant. C'est que je n'ai guère changé, avec mes allures de châtelain sans château, de gallinacé trop fier d'être coq, d'équidé heureux de n'être pas âne. Mort ou vif, on me trouve plein d'esprit, insupportable, irrésistible, arrogant. On me déteste et on me vénère. Même là, j'ai l'impression de faire des jaloux et des émules. La froide dépouille que je suis devenu est très persuasive dans son attitude d'indifférence mondaine et laisse un sérieux doute parmi ses hôtes. Une dernière fois, on se demande si je ne me moque pas du monde. +++++++ 9 - Un verre Dès la première gorgée, il avait senti sa caresse glacée dans la gorge. La bière qu'il était en train de déguster, c'était aussi le pressentiment de sa mort imminente. Ce verre d'aspect si anodin était pour lui l'annonce intime d'un événement capital, la voie mystérieuse qu'avait prise le Ciel pour l'avertir. Il devait se préparer à la mort, le temps d'une dernière ivresse. Le processus était enclenché, irréversible. Il buvait à petites gorgées ses derniers instants, savourant la délicieuse amertume sous son palais. Il se voyait quitter ce monde sur les ailes de Bacchus, sans effroi ni peine, bercé par les chaudes, molles vapeurs... Ce départ indolent semblait lui avoir été accordé comme une grâce. A la moitié du verre, il devint solennel, leva son verre à l'ange de la Mort et fit ses adieux au barman. Les clients du bar ne lui prêtèrent guère attention. Propos d'ivrogne... Quelques gorgées plus tard, il chanta bruyamment, puis psalmodia lentement quelque cantique d'éthylique. A la dernière gorgée, dans un geste dérisoire et sublime il fracassa son verre contre le miroir d'en face avant de s'écrouler parmi les bris de verre, yeux ouverts, lèvres décloses, coeur arrêté. +++++++ 10 - Le testament d'un amant moribond Le tourbillon des jours qui passent s'achève. Je vais mourir. J'emporte avec moi des pierres millénaires et la pluie du ciel, le reste de mes rêves et encore la musique du vent jouant dans vos cheveux : tout l'héritage de mon passage sur Terre, le seul or qui vaille d'être emporté. Avec vous j'ai porté le regard jusqu'aux étoiles, et j'ai frémi en approchant l'infini : à deux pas de vos salons. J'ai atteint quelque mémorable sommet, et je me suis ému au bord du vide : celui de vos conversations. Je vous ai aimée et j'en ai éprouvé quelque vertige : emporté par l'ennui. Maintenant je vais mourir. J'ai construit avec vous un édifice dédié autant à l'éternité qu'aux tasses de thé, l'oeuvre indestructible qui survivra à tout sur cette Terre et qui perdurera plus loin que mes os jaunis. L'Amour ma bien-aimée, l'Amour est bien la cause de tous nos soucis, de tous nos transports. J'aurais connu les vicissitudes qu'il draine ordinairement avec lui. A vos côtés j'ai appris la souffrance mondaine, les us de vos amies lettrées, les chapeaux à plumes. Et le pardon véritable. Je vais partir. Ne pleurez pas, parce qu'au long de toutes ces années qui vous restent à vivre sans moi, mon banquier vous tiendra compagnie. Prenez soin de vous, puisque c'est vous la vivante et moi le moribond. En attendant de venir me rejoindre. Lorsque votre tasse de thé sera définitivement refroidie. +++++++ 11- Une farce cadavérique Etendu dans mon beau linceul doré, je souffre sans broncher les sourires et les haut-le-coeur que l'on m'adresse, imperturbable devant les chapeaux chics et les mines douteuses qui se penchent sur moi. Je me plie de bonne grâce à mes dernières obligations mondaines, et les hôtes qui défilent dans le salon mortuaire sont sensibles à mon aimable rigidité. Certes on me trouve un peu plus froid que d'habitude, mais c'est un peu normal étant donné que je suis quand même un peu mort. De temps à autre je reconnais des invités plus ou moins aimés, plus ou moins amis, qui se pressent à mon chevet funèbre, et j'entends des bribes de commentaires : - Ne trouvez-vous pas chère, que même dans cette posture définitive notre regretté ami garde ce je ne-sais-quoi d'izarresque assez insupportable ? Ce "je-ne-sais-quoi" que l'on m'attribue habille à merveille ma roide dépouille. C'est très "monde", très proustien, voire assez flatteur pour un cadavre qui n'est déjà plus très frais. Je trouve que je ne m'en sors pas trop mal dans mon immobilité forcée, faisant bonne figure bien malgré moi. Ce "je-ne-sais-quoi" accompagne avec une distinction toute parisienne la pâleur de mon visage. J'entends encore : - Dire qu'il se prenait pour un des nôtres. Pensez donc ! Ce provincial invétéré avait de ces prétentions... Certes, cependant force est de constater que ce cher Monsieur est quand même venu à cette "provinciale" réjouissance. Mais comme je suis un cadavre bien élevé, je me tais. Avec stoïcisme j'essuie ce genre de commentaires, et bien d'autres encore, jusqu'à mon entrée glorieuse au cimetière. Pour l'occasion j'essai tant bien que mal de faire une "descente d'escalier" digne de mon beau nom à rallonge. Les cadavres ont aussi leurs petites vanités. Mais j'avoue cependant que l'affaire est assez difficile à réussir comme on le voudrait quand on est quelque peu trépassé. Aussi je me contente d'une prestation plus modeste. Ca y est. Les formalités religieuses ont été expédiées et maintenant tout est fini. La mise en terre s'est bien passée, tout le monde est content, surtout le premier intéressé qu'on laisse officiellement reposer en paix dans le soulagement général. Les hôtes peuvent retourner à leurs salons boulevardiers et autres habitudes "biscuitières". Mais la farce là-dedans, où est-elle me direz-vous ? Elle est dans le cadavre que les invités n'ont pas cessé d'asticoter. +++++++ 12 - Torpeur cadavérique Je n'entendrai pas sonner le glas. Et pour cause : c'est pour moi qu'il résonnera dans la campagne affligée, par une triste journée de pluie. Vous serez là, recueillie auprès de ma dépouille déposée dans l'humble église. Un cierge brûlera à ma droite. L'odeur d'encens embaumera les lieux. Vos larmes claires se répandront au bord du linceul tandis que la fumée s'élèvera dans la fraîcheur de l'édifice. Le silence sera la musique mortuaire de ce deuil et votre chagrin, infini mais pudique, sera l'hymne que vous me dédierez. Mon corps étendu narguera votre inutile amour. Cet amour impuissant à me faire revenir à la vie. Mon visage émacié par le masque étrangement serein de la Mort interrogera les fresques décrépites et sans valeur du plafond de l'église. Vous serez là, questionnant en vain ce cadavre glacé, pétrifié. Vous me prendrez la main, et vous étonnerez qu'elle soit froide dans votre main chaude. Elle demeurera sans réponse à votre étreinte, si peu accoutumée que vous serez à l'idée de la mort, de MA mort... Oui, ce sera mon corps, mon cadavre, ma dépouille. Je serai là, gisant. Sans me plaindre, sans révolte, sans peur, sans plus de haine ni d'amour. Vous chercherez à comprendre, mais il n'y aura rien à comprendre. Rien que le fait de ma mort. Je serai effectivement mort, bel et bien mort. Aussi mort que le sont les pierres, les tombes et les ruines. Vous pourrez pleurer, prier, défier le Ciel et tous ses anges, rien n'y pourra faire : mon corps s'en ira en poussière et nul ne le verra plus jamais. Il sera déjà sur le chemin d'un irréversible anéantissement. En signe d'adieu, vous passerez vos doigts contre mon visage de pierre. Il demeurera impassible, indifférent à votre caresse. Mort. Je serai mort, mon cadavre en sera la preuve. Je serai dans le même état que les statues de plâtre peintes de cette modeste église de campagne. Inerte comme un objet, comme un caillou, comme du sable anonyme. Sans vie, sans nom, sans chaleur. Le cierge continuera à brûler en silence dans l'église devenue sombre vers le soir. Dehors la pluie de mars, triste, lente, lancinante, tombera d'un ciel plombé. Nulle âme ne s'attardera dans les rues en ce jour de deuil, en cette saison de mort. Vous serez seule dans l'église avec cette chose vidée de vie. Parfois le cierge jettera de pâles lueurs contre mon visage endormi, et ces reflets de flamme lui donneront l'illusion d'être en vie. Vous vous attarderez un peu sur ces éclairs dérisoires, cherchant un réconfort, un signe, un sens, une explication. Mais la flamme mouvante du cierge continuera à brûler en vain et son humble clarté, dénuée de sens, glissera sur mon visage avant d'aller s'accrocher ailleurs. Vous finirez par comprendre que je suis réellement mort. Vous sortirez de l'église, un cercueil dans l'âme. Vous vous retrouverez seule dehors sous une pluie maussade. Et je ne serai plus là pour vous aimer. Je ne serais plus avec vous. Plus jamais. Et vous serez seule, seule. Et vous me chercherez. Et vous ne me trouverez pas. Jamais. Parce que je serai mort. Mort. Mort. Définitivement. A tout jamais. +++++++ 13 - Deuil Aujourd'hui est un grand jour. Raphaël est mort. Il est là, étendu dans son linceul morbide composé de draps douteux, les yeux clos, les traits pacifiés, les mains crispées, les cheveux sales. C'est un cadavre un peu bizarre. Il est mort après bien des souffrances. Il s'est débattu jusqu'au dernier souffle contre tous ses démons réels et imaginaires. Et il pue déjà, ce cadavre contorsionné ! On va inhumer cette dérangeante dépouille. Mais avant on va la contempler. Se repaître du spectacle morbide, pathétique de ses contorsions figées dans la glace de la Mort. C'est toujours fascinant à voir un macchabée : ça nous renvoie en pleine figure l'image de notre état de futur macchabée. Sa peau a pris le teint blafard caractéristique de la mort. Il faut se rendre à l'évidence, il est bel et bien mort le bouffon. La Mort a fini par lui clouer le bec. Définitivement. Regardez-le comme il fait piètre figure à présent qu'il est passé de l'autre côté... Finies les fanfaronnades, finies les hâbleries, les grosses farces, les bravades, les joyeuses railleries... Il est mort le bouffon. Bel et bien mort. Maintenant c'est lui qu'on plaint. Il fait pitié à voir en cadavre échevelé, déguenillé, tordu comme un pantin brisé. Pas très joli à regarder. Il n'aura pas eu le dernier mot cette fois : il avait la Camarde pour détractrice. Maintenant on va le mettre en terre. La cérémonie est vite expédiée. Ca y est, sa dépouille est dans les entrailles de la terre. On va pouvoir continuer à se lancer en paix des fleurs et des roses guimauves à la figure. Parler entre nous de tout et de rien, de la météo ou de Tartempion... Mais plus de ce diable d'Izarra ! Sans lui on va peut-être s'ennuyer. Quand même, il risque de nous manquer le bougre... Allez, adieu Raphaël. On t'aimait bien tu sais... Tu es parti rejoindre tes chères étoiles, alors bon voyage dans ton éternité. Adieu et bon débarras ! +++++++ 14- Au jour glorieux de mes funérailles Je veux être inhumé en grande pompe et en petits souliers. En bonne compagnie j'espère franchir la jolie porte du cimetière, entendre autour de mon linceul les médisances chuchotées. Pour ce grand jour de ma vie je veux des larmes. J'en veux des chaudes, des tièdes et des glacées. Des pleurs sincères et des sanglots hypocrites. J'attends pour ce grand rendez-vous des mines affligées, des faces de rat et des amantes franchement éplorées. J'aimerais qu'un public admirable et douteux à la fois fait de femmes et d'amis, d'ennemis et de bêtes m'accompagne jusqu'à la tombe. Je veux pour mon enterrement rien que du beau monde : des saints et des salopards. Une assemblée composée d'amis fidèles et de Judas, de vierges timorées et de dévoyées, d'aristocrates et de chiens galeux. Et que chacun me rende hommage, m'ignore ou me maudisse à sa manière. Il faut qu'au jour de mes funérailles ça sente la rose et la graille, l'encens et le mauvais cigare. Je veux une tragi-comédie, une fête ratée, une farce tournant court, du beau temps alterné avec de la pluie maussade. Que l'on rie et que l'on se désole, que l'on boive à ma santé et que l'on rende tout sur mon tombeau ! Que l'on banquète comme des paillards après le spectacle et que l'on vienne me demander pardon sous les étoiles. Vous viendrez cracher sur ma bière, vous mes ennemis. Vous serez les hôtes de choix, la fête sera belle. Vous apporterez cet indispensable piment qui réchauffera un peu la viande froide. Quant à vous mes amis, vous serez là pour donner de la dignité aux réjouissances. Vous suivrez au premier rang le convoi funéraire : rôles secondaires qui ont toujours été les vôtres. Vous serez présents pour donner une bonne figure à cette pénible et joyeuse affaire. Et aussi pour abandonner quelques sous au curé. Vous mes femmes, mes bien-aimées, mes mal-aimées, mes hochets, mes ardentes soumises, mes tièdes insoumises, mes fausses compagnies et mes chères fuyantes, je vous ferai un grand honneur ce jour-là. Bien mis et roide comme un soldat de plomb, j'écouterai vos doléances sans mot dire, sans broncher et sans nulle amertume. Vous pourrez vider vos besaces : je serai parfaitement pacifié, loin des passions terrestres. Vos charmants discours ne me feront plus aucun effet. Je serai roide, vous dis-je. Froid comme un glaçon, dur comme un coeur de pierre, d'une inébranlable rectitude. Une correction parfaite, un maintien irréprochable. Mais définitivement inerte. Curé, vous m'enterrerez pas sans une dernière faveur : à ceux qui seront réunis autour de ma dépouille vous lirez cette plaisante histoire que je viens de leur écrire. +++++++ 15 - Un cadeau pour la Camarde Madame la Mort aux beaux yeux noirs m'a prêté sa faux, sa belle faux sonore qui crisse quand elle tranche. Avec cet instrument jardinier magistral, j'ai eu l'idée de raser les herbes folles qui s'élèvent hardiment de mes terres : ronces des concessions, chaînes du quotidien, épines du prosaïsme, vanité du paraître. Je dois couper tout cela. Rien ne doit dépasser ma cheville. Il faut que je sois le maître chez moi. Il me faut soumettre à ma loi la flore que je foule. Du matin au soir, tout doit donner l'impression que je domine. Sous le poids inconsidéré de mon ombre qui passe, la tige pimpante ploie jusque dans la poussière. Si elle a l'audace, la folle, d'ériger la tête, impitoyablement je la lui ôte. Madame la Mort m'a prêté sa belle faux qui crisse, et j'ai mis un peu d'ordre sur mes terres. Toute la sainte journée mon bras a fait sa besogne. Arpentant des heures durant les étendues de mon domaine, j'ai amassé l'herbe rebelle vaincue par le fer justicier. De ce foin de géhenne j'ai fait une meule. Puis j'ai engrangé. Et le jour ou légitimement Madame la Mort est venue reprendre son outil, me demandant au passage de prendre ma vie, au lieu de lui remettre cette dernière, trop chère à mes yeux, je lui ai fait don de mon ivraie. J'ai côtoyé la grande Dame et me suis montré plus rusé qu'elle : je l'ai regardé repartir croulant sous le poids de mon offrande. Depuis ce jour Madame la Mort aux yeux si noirs, si profonds ne m'a jamais plus importuné. Je ne songe plus aux ronces : emportées par la Faucheuse ! Exorcisées ! Voilà pourquoi aujourd'hui je suis encore de ce monde, plus vivant que jamais, le coeur léger. Plus fort que la mort, plus fort que les rêves qui se brisent contre la dureté du quotidien, c'est l'amour que je porte aux étoiles. +++++++ 16 - Je suis mort Vous m'aimez, mais c'est un triste cadavre que vous aimez en vérité aujourd'hui. Regardez-moi donc d'un peu plus près. Voyez ce corps étendu, ce visage sans expression, ces mains inertes : ce sont ceux d'un mort. Réveillez-vous ma bien-aimée, et laissez partir en paix cette chair muette vers le néant de la terre. Laissez-moi, ne regardez plus cette jeune dépouille, tout cela est vain à présent. N'espérez plus entendre à nouveau ces mots d'amour sortir de mes lèvres figées : elles sont mortes elles aussi. Et pour toujours. Retournez-vous en au monde des vivants et abandonnez vos rêves qui ne sont plus que des cadavres encombrants. Maintenant que je suis mort, il faut que vous partiez. Quittez-moi, quittez ce visage sans vie, quittez cette chambre froide et sa lumière crue. Vivez donc et laissez mourir les autres tant que brille pour vous le soleil. Cessez d'embrasser cet amant indifférent qui gît sous vos yeux : son coeur vidé de chaleur est devenu insensible à vos baisers. Vos lèvres se posent vainement sur mes lèvres. A quoi bon embrasser un mort ? Vous n'aurez que le silence et l'immobilité en retour. Les morts sont de bien piètres amants, croyez-moi. Partez à présent, partez. Le silence de ce mort est plus éloquent que les cris d'un vivant. Ne comprenez-vous pas que ce cadavre n'a plus rien à vous dire ? Je n'ai rien d'autre à vous chanter que ce silence, en guise d'adieu. Je n'ai plus de souffle pour vous dire autre chose, plus de vie pour animer mes lèvres, plus d'oreille pour entendre vos sanglots, plus de coeur pour vous aimer. Il me reste seulement cette morte chair pour vous témoigner toute ma froideur. Votre amour est infini, votre coeur inconsolable, votre chagrin incommensurable, certes. Mais ma mort est définitive, mon coeur à jamais éteint, et ma peine inexistante... Je ne suis plus. Et cette vérité est infiniment plus durable que vos larmes éphémères. +++++++ 17 - Un froid mortel
- Te souviens-tu lorsque nous chevauchions dans la steppe, fiers, les cheveux au vent, l'âme légère ? Te souviens-tu de nos cris dans le glacial azur ? Entends-tu l’écho de nos rires de jadis ? Sauvages et doux, nos chants rauques résonnaient jusqu’au soir dans les plaines givrées. Nous dévalions de blancs espaces, emportés par nos chevaux... T’en souviens-tu ? J’entends encore hennir nos montures. +++++++ TEXTES DE RAPHAEL ZACHARIE DE IZARRA Tags : Catégorie : Non spécifié | Commentaires (0) | Ecrire un commentaire |RAPHAËL ZACHARIE DE IZARRA dans tous ses états 7Ajouté le 4/10/2010 Modestement à travers quelques centaines de textes http://izarralune.blogspot.com/ j'ai embrassé de près ou de loin tous les aspects du monde -des choses comme des hommes- dans toutes les directions imaginables, du gouffre le plus bas au sommet le plus glorieux, de l'anodin au sublime, de la bête au divin, du simple caillou à qui j'ai donné la parole jusqu'aux feux galactiques que j'ai fait taire devant un battement d'aile.
Sur le plan du palpable je suis parti du microcosme pour me hisser jusqu'au macrocosme, sans omettre de poser mon regard à hauteur des boutons de chemise de mes semblables. Du point de vue des choses de l'esprit j'ai exploré les vices les plus baroques autant que les vertus les moins partagées, je suis allé sonder les petits ruisseaux mentaux de mes frères humains mais aussi les fleuves nocturnes de mes chats énigmatiques.Je suis allé chercher le feu olympien à droite et à gauche, m'attardant à l'occasion sur mes doigts de pieds.
J'ai fait tout un fromage de vos mesquineries de mortels, une montagne de mots des fumées de ce monde, un pâté de sable de vos trésors.J'ai abordé de près ou de loin tous les thèmes : l'amour, la laideur, la solitude, la vie, la mort, les fraises des bois, les rêves, les cauchemars, l'excrément, la lumière, le houblon, la pourriture, l'encens, l'insignifiance, le grain de sable, les poubelles de mon voisin, les relents gastriques de Jules César, l'encre de Chine, le plaisir, le vinaigre, la douleur, la mer...
Tout, absolument tout ce que contient notre pauvre monde et même au-delà a été intégré à mes textes.J'ai embrassé l'Univers d'un regard à la fois grave et loufoque, limpide et fulgurant, lucide et léger, aérien et "enclumier" : celui de ma plume.A travers ce blog je vous invite à faire un tour relativement rapide de l'humanité et de l'Univers, de prendre la mesure de tout ce qui existe et n'existe pas en quelques centaines de textes futiles et mémorables, éloquents et sarcastiques, répugnants et délectables, pleins de grains de sel et de justesse.
Raphaël Zacharie de IZARRA
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ELOGE DU VOILE ISLAMIQUE
Symbole de soumission féminine à une cause archaïque pour les uns, ornement vestimentaire pour les -rares- oiseaux d'envergure dont je fais partie, le voile islamique (que personnellement j'amalgame au voile marial d'un point de vue esthétique) empêche ses détracteurs de dormir pour la simple raison que, par-delà les prétextes politiques et culturels invoqués, le voile signe l'honnêteté de la femme bien éduquée qui le porte.
La vertu d'une femme de nos jours est considérée comme une régression, une sorte d'attachement pathologique à des valeurs périmées, tant notre "progrès moral" a été bêtement associé à la liberté de faire tout et n'importe quoi. Nos femmes dévoyées par les chantres de la débauche devraient être jalouses de la dignité de leurs soeurs musulmanes. Et de leur force de caractère. Le voile (librement choisi, cela va sans dire) est le dernier rempart de la culture musulmane contre les agressions morales du monde. Les femmes voilées non seulement sont dignes, mais aussi courageuses. J'admire, autant sur le plan esthétique que moral, les femmes qui décemment se couvrent afin de ne point offenser le Ciel en excitant les mâles de la Terre -faibles par nature- avec leurs appas. Ce voile de pudeur sur leur corps, leur visage, est une seconde peau, chaste, qui honore leur âme. Le voile non seulement garantit leur vertu mais encore les pare comme des princesses. Artifice sobre des femmes bien élevées, le voile islamique agit comme l'écorce saine du pin : il repousse la mollesse, le vice, la puanteur et leurs adeptes, mais attire les hommes de bien. Les premiers trouvent le voile rude, âpre, austère, voire grotesque. Pour les seconds, il est la plus noble des bures... L'homme sans goût préfère la fanfreluche à la parure monacale et c'est pourquoi il raille le voile islamique, tandis que l'ami des Arts affectionne l'expression noble des mœurs féminines. Le voile islamique est un signe de grande classe féminine. SUITE : VIDEO DE L'AUTEUR : http://www.dailymotion.com/video/xb1hoq_vive-le-voile-islamique_news ======= MACHO
Les eunuques ont pris place dans notre société émasculée. Toute une génération qui se sent à l'aise dans ce monde de caniches. Il ont leur leur roi -couronné de dentelles- et ce roi s'appelle Dupont, leur olympe -le poulailler-, leurs lois -le code des pédés-, leurs grands centres de féminisation aussi, nommés "médias", "république", "publicité".
Leur pire ennemi : la virilité. Leur credo : la castration. Leurs opinions : celles de leur femme.
Poules d'eau vêtues de tutus mentaux, mauviettes mouillées dans les affaires de tata, héros du métro chaussés de pantoufles, ces roquets à la dent molle prônent le nivellement des ****s, l'édulcoration des genres, voire le total rabaissement phallique, confondant volontiers la morale du mâle avec le code du parfait châtré.
Ils ont une fierté de limace, des intentions de toutous, des revendications de soumis.
Persuadés de respecter la femme parce qu'ils la laissent démocratiquement piétiner leur épée de son talon-aiguille (ce fer-de-lance de la volaille en révolution), tordre leur marbre originel devenu bâton de guimauve, briser leur double vase solaire, ils sont devenus féministes, sodomites, avorteurs...
Et prennent leur dévirilisation pour de la galanterie.
Rasés de la tête aux pieds, annelés comme des bestiaux matés et adoptant les moeurs veules, plates, flasques des hôtes des potagers, ils ont fini par arborer la face placide des pantins poltrons, singer les allures ternes des mignons moineaux de mai...
Au nom de la parité Mars-Vénus ces jolis sont d'accord avec toute avancée de la cause pourvu que leur panache piteux de coquelets déplumés ne dépasse pas la permanente des porteuses de jupes qui les tiennent en laisse...
Après avoir lamentablement poussé les caddys de supermarchés, ces torcheurs de nourrissons s'attèlent aux landeaux... Ils donnent même le biberon ! A quand l'allaitement ?
Moi je suis un macho, un vrai. Sans chaîne.
Mâle immémorial, héritier sain de mes gamètes intacts, imperméable aux siècles, antipathique mais authentique, nulle femme ne saurait me dénaturer.
Je suis un dominant, un vainqueur, un lion.
Porteur du sceptre qui désigne l'astre masculin auquel je m'identifie, je sais où est la place de l'homme et où est celle de la femme.
J'ai avec moi l'autorité innée de ceux qui ont conscience d'être fils de Râ et s'en glorifient. Au lieu d'en rougir devant l'autel mensonger des féministes.
Un mâle est un seigneur, la femme son naturel laudateur.
C'est la loi.
La loi des ****s, non celle du siècle. Toute descendante d'Eve qui se révolte contre la souveraineté de son demi-dieu n'est pas digne de se faire ensemencer. La gloire de la femme est dans les germes d'humanité qu'elle porte en son sein, non dans le venin du féminisme qu'elle inocule à son maître.
Je suis un macho, un pur, un dur, sans artifice. Ma pensée est de fer, mon front est lumineux, mon flanc divin.
Mon regard choisit, ma main désigne, mon bras décide, la femme dit oui.
Borné, moi ?
Non, simplement burné.
Raphaël Zacharie de IZARRA
VIVE LA POLLUTION !
La pollution est une réalité plus médiatique qu'effective, à mon sens.
Je ne nie pas la pollution, je prétends seulement qu'elle est insignifiante. Je ne crois pas que l'homme puisse faire fondre les pôles. Et quand bien même il le pourrait avec ses petites fumées, quelle importance ?
Depuis que l'homme est sur terre il n'a cessé de la transformer, de canaliser ses forces, de l'embellir, de la domestiquer à sa convenance.
Bref, de donner un visage humain à la friche originelle.
Agir sur notre globe originel, c'est nécessairement le défigurer.
Creuser le sillon n'a rien de naturel, certes. Mais justement, c'est cela que l'on appelle la CIVILISATION. Fondamentalement le geste est le même entre faire naître un sillon et faire sortir de terre des usines : l 'acte reste un acte de civilisation.
La seule différence est dans la profondeur de la plaie dans le sol occasionnée par le génie humain. Mais le principe est le même.
Pour réduire, voire éliminer radicalement la pollution, il faudrait tout simplement cesser de vivre. Absurde, non ?
Ne perdons pas le nord : vivre c'est polluer. Revoyons plutôt la notion de "pollution", puisque respirer c'est fatalement "polluer". Que ce soit le poumon humain ou le poumon industriel qui rejette du "gaz nocif", fondamentalement quelle différence ? Les deux sont au service de l'homme. La pollution fait partie intégrante de la vie comme la mort, la souffrance ou les morpions.
Excréter, uriner, suer, rire, aimer le beurre, les carottes, son chien, ses enfants, sa femme, sa maîtresse, n'est-ce pas contribuer activement à la "pollution" ? L'écologiste primaire voit les problèmes sans aucun recul, essentiellement à échelle sociale, psychologique et non dans sa globalité, sa complexité, ses nuances. Encore moins sous l'aspect philosophique.
Débarrassée des fumées émotionnelles, la "pollution" ne signifie plus grand chose. A la lumière de la pensée rationnelle cette "pollution" est à reconsidérer car elle n'a plus du tout le même sens vue sous l'angle de la subtile, durable et gigantesque machinerie géologique qui se moque des spéculations humaines...
Je suis persuadé que les fumées d'usine -tout comme les vomissements volcaniques- s'incluent dans la complexe, miraculeuse alchimie des éléments. Selon moi les fumées industrielles ne s'opposent pas à l'ordre : au contraire elles entrent dans la danse géologique. La planète réagit aux agressions comme notre corps face aux virus : elle tire profit des stimulations extérieures pour recombiner ses éléments et s'enrichir, trouver des parades, se complexifier à l'infini.
Elle se réinvente en permanence, se renforce pour mieux tourner, durer, briller avec ses soeurs dans la grande symphonie galactique. A l'image du corps humain qui s'adapte à son milieu et gagne des centimètres, des anticorps, des années de vie supplémentaires avec les siècles et, parallèlement, invente l'agriculture, l'Art, le chant grégorien, les réseaux d'égout, les médicaments, les fusées interplanétaires, INTERNET, etc.
Tout dans la nature nous montre que la vie est un principe auto-régénérateur, auto-réparateur d'une insoupçonnable ingéniosité triomphant de tout, s'imposant partout, émergeant de toutes part sans explication.
N'est-ce pas miraculeux ?
Bien sûr entre l'agression (ou plutôt la stimulation extérieure) et sa mise à profit il faut un laps de temps nécessaire. Plus la machine est imposante, plus elle a besoin de temps pour s'adapter à sa nouvelle condition. Entre la plaie et sa totale guérison il y a la cicatrice. Ce que nous vivons à notre échelle, ce sont les effets immédiats de ces stimulations. Pour faire simple, les plaies, les cicatrices. Pauvres fourmis naviguant sur le vaste paquebot planétaire, nous sommes trompés par notre manque de recul... Mais nos enfants naîtront dans un monde réparé et fortifié.
Le principal défaut des images spectaculaires que l'on nous montre au sujet de la pollution, c'est qu'elles sont spectaculaires précisément.
Le prodige de l'adaptation des éléments face aux activités humaines, volcaniques, telluriques ou cosmiques est, il est vrai, moins clinquant pour l'oeil blasé, moins retentissant en termes médiatiques. Cette merveille des merveilles est plus lente à constater (plus difficile à admettre psychologiquement tant les humains, habitués à les voir, ont tendance à les nier), elle n'en est pas moins réelle.
"Pollution" est un terme dont le sens a été perverti pour servir des causes politiques : sa forte connotation négative agit puissamment sur la psychologie des foules de la même manière que les termes "chrétien", "juif", "républicain", "hérétique" furent en d'autres temps lourds de conséquences pour qui y était sensible.
L'humanité des ânes a un grand défaut : elle réagit comme une girouette au vent médiatique. Il aurait suffit que depuis une ou deux décennies les médias insistent sur les dangers d'une éventuelle collision d'un astéroïde contre la planète (au lieu de focaliser l'humanité sur la pollution) pour qu'aujourd'hui la mode soit à l'hystérie cosmique...
Il se trouve que c'est la pollution qui a "marché" médiatiquement parlant, alors le monde (des nantis) s'est mit au vert. La prise de conscience écologique est purement artificielle, fabriquée de toute pièces par les médias et non pas spontanée, intuitive. La preuve qu'elle n'a rien d'universel, c'est qu'elle est active exclusivement dans les "pays snobs". L'écologie est la morale des nantis, la religion des repus, l'idéal des âmes bernées par les apparences.
A mes yeux le vrai problème de l'écologie c'est l'eau. Le reste n'est que divagations et fumée.
Quant aux fumées d'usines, elles prouvent la bonne santé de l'humanité. Les pays pauvres envient nos émanations industrielles. Que les écologistes aillent tenir leurs discours devant les miséreux des bidonvilles qui bavent d'envie devant nos villes propres et débordantes de richesses ! Ils passeront pour des fous. Pire : des criminels.
Jusqu'à aujourd'hui je n'ai jamais été malade en mangeant des produits issus de la terre, ni été intoxiqué par l'ingestion d'eau, encore moins eu la peau brûlée par la pluie... Au contraire je trouve l'air respirable (même en ville), la nourriture excellente, la campagne enchanteresse, les étoiles magnifiques au-dessus du monde. La civilisation a du bon, tandis que la misère, la sauvagerie, l'ignorance, la régression sont de vrais calamités.
Certes il y a quelques forêts détruites par des pluies acides en Allemagne dont on a fait tout un fromage... Les forêts allemandes ne sont pas les forêts du monde entier. Ce n'est pas parce qu'on montre des images sensationnelles d'un drame local que la planète est en feu pour autant. On ne cesse de nous montrer les parties blessées de notre monde tout en omettant de nous montrer ses vastes parties saines... Quand les Verts mettent le doigt sur les infimes furoncles de la terre, moi je vois les océans végétaux de l'Amazonie encore vierges, je vois les immensités intactes et sauvages de la planète, toutes ces beautés terrestres, cette santé géologique, ces espaces sains, ces réserves naturelles, ces richesses potentielles dont on ne parle JAMAIS.
Raphaël Zacharie de IZARRA
11 TEXTES LUNAIRES 1 - La pleine lune Elle se lève sur l'horizon avec un visage pâle, des joues enflées, une tête molle. Elle monte et survole forêts, routes, villages en rapetissant, devient plus vive à mesure qu'elle s'élève. Parvenue au zénith, l'oeil pétillant, le front clair, elle crache comme une vipère sur les oiseaux de nuit qui la contemplent en rêvassant. Éblouissante, muette comme une taupe, féline dans son empyrée, elle plane au-dessus des têtes, ricaneuse. Elle miaule dans le ciel, les spectres l'entendent. Les hérissons sont ses confidents, les hiboux ses messagers, les tombes ses miroirs. Marmoréenne, duveteuse et sépulcrale, elle étincelle d'un seul feu. C'est une flamme mourante que ravivent à chaque instant les moribonds de la Terre. Asile des trépassés, refuge des âmes envolées, l'astre est un vaisseau hanté. Des fantômes sont à la barre : elle vogue, naviguant à vue, myope, stupide. Belle comme une morte, séduisante avec ses cheveux de sorcière, charmante avec son sourire hypocrite, amoureuse comme une pieuvre, la mélancolie est son royaume. Déesse inquiétante, fauve céleste, oiseau sidéral, caillou plein d'éclat, la Lune depuis la nuit des temps chante sa complainte à l'Éternité. 2 - Une vision des choses En rasant la pointe du clocher, la Lune m'apparut comme un Graal à atteindre. Ce soir-là les choses d'apparence les plus anodines dévoilaient un sens caché : je percevais l'essentiel. En imagination je remplaçai la pierre par le feu et l'acier : l'église devint fusée. Le vaisseau désignait l'astre, prêt à s'affranchir de la pesanteur. Je vis le mastodonte s'élever dans un bain de lumière, majestueux. Je le voyais qui parcourait les profondeurs sidérales : ma pensée vagabonde le suivait dans sa course poétique vers l'infini. Les choses ayant pris une soudaine hauteur sous mon regard neuf, je voyais le monde avec vérité. Devant moi la pierre inerte avait déployé ses ailes. La matière sous l'éther s'était allégée. Et je demeurai au pied de l'église à fixer la voûte étoilée, idiot. 3 - La face cachée de la Lune Verte, sournoise, tranchante, voici la Lune qui croasse. Ses ailes d'éther sont de mauvais augure. J'aime les sourires fourbes de cette hanteuse. Point crucial de la nuit, oeil errant de la voûte, confidente des clochers, elle accompagne mes veilles, fidèle, moqueuse, attachante. Je trouve sa face subtile, sa caresse ironique, son silence mortel. Elle passe, fécondante, prodiguant mauvais rêves et bonnes fortunes. Ses quiets rayons irradient le malheur. Elle rassure les chouettes, effraie les dormeurs. Elle répand son miel dans l'espace, déverse son fiel sur les poètes, rend muettes les villes, fait parler les campagnes... Elle attise les rumeurs, ravive âtres et légendes, délie les mauvaises langues, fait fermer les portes et sceller les coffres. Il m'arrive de lui parler. Mes mots pour elle sont tendres. Mais ses éclats sont durs. On la croit pâle, molle, sereine, elle est vive, sèche, tourmentée. C'est une amie sévère qui rit avec férocité, sanglote à faire rendre l'âme. J'aime cette séductrice aux joues brillantes, au front lisse, au regard fixe. Ne vous fiez pas à ses allures candides, car la Lune en vérité est une méchante fée, une sorcière qui diffuse un parfum venimeux, suave et mystérieux sur la Terre. 4 - Le son de la lune Elle me hante avec délices, me tourmente comme un fromage jaune dans la nuit, m'obsède telle une femelle à la chevelure blonde, au regard obscur. Spectre sidéral, oiseau aux ailes d'éther, insecte doré à l'abdomen comme une grosse pierre molle, limace céleste glissant dans le firmament, escargot cosmique faisant baver de toute éternité rimailleurs et superstitieux, la lune qui s'arrondit annonce des rêves peuplés d'herbes folles et de mirages fauves. Avec son visage phosphorescent, ses yeux charismatiques, sa bouche pleine de miel pâle, la lune me dérange en pleine nuit. Hôte importun, attendu et redouté, elle est la cause suprême de mes insomnies, l'objet essentiel de mes ravissements. Ses pensées éblouissantes, absurdes et fantasques, ne seraient-ce pas ces rêves nocturnes qui depuis des temps immémoriaux agitent et apaisent, effraient et bercent les hommes sur la terre ? Non, ce serait trop beau. Les pensées de la lune sont des rayons sauvages et suaves qui percent mon coeur comme des flèches enduites de bave de mollusque vomitive afin d'en faire jaillir feux et silex, éclats lyriques et noirceurs béotiennes, bile amère et exhalaisons exquises. 5 - Le baiser de la luneLa lune me tira du lit. Dans mon sommeil agité, je ne cessai de lui jeter des regards troubles. Il fallait bien que je succombe... C'était l'été, je fus bientôt sous les étoiles en pleine campagne, ahuri. Je m'égarai vers la sylve. Quelque volatile de nuit frôla ma tempe, mais je ne vis rien dans la nue. Rêveur, j'imaginai alors la caresse triste de Séléné sur mon front. Tout en songeant de la sorte, j'errais vers les bois. Autour de moi, un grand silence. Et moi, hagard, hanté par une présence astrale irradiante, douce et vénéneuse, je cheminais le regard divaguant entre sol et zénith, le pas alangui. Étendant dans les airs son grand voile d'éther, le spectre semblait projeter sur le monde ses songes silencieux et blafards. L'ordre cosmique s'ébranla dans ma raison ensorcelée par l'astre : je me demandai si je ne faisais pas partie des fantasmes sidéraux imaginés par ce globe luisant... Dans mon demi sommeil je le crus un instant. Tel une silhouette née des rêves de la lune, un pantin d'ombre et de nuée issu de ce crâne argenté errant au firmament, j'eus l'impression d'appartenir à cette tête pâle glissant dans l'empyrée... Puis, dans un grand vertige où je vis tournoyer les constellations, je perdis connaissance. Ou plutôt je m'endormis d'un sommeil brutal et étrange. Je me réveillai avant l'aube, frissonnant parmi les herbes imprégnées de rosée. Machinalement je passai la main sur mon front engourdi. J'eus la sensation d'y essuyer un sang funeste ou quelque écume mystérieuse. Retournant ma main d'un geste fébrile, je vérifiai. Une cendre dorée fit luire ma paume, furtivement, avant de se désagréger quasi instantanément en des milliers de particules étincelantes. 6 - Entre Terre et Lune. J'erre entre ciel et poussière dans la solitude et le silence, le regard perdu dans les étoiles, le coeur plein de mélancolie. J'allonge le pas sous une nuit éternelle, sur un rivage infini : mon pied est léger, mon coeur est lourd, et mes larmes s'évaporent comme de l'éther dans l'espace. Mon chagrin a le prix des choses inconsistantes : je pleure pour rien du tout. Je suis affligé, inconsolable, perdu. Je n'ai plus de joie, et mon infinie tristesse est cependant ma raison de vivre. La blonde veilleuse est mon asile : je suis PIERROT LUNAIRE. 7 - Celui qui est en moi Le son des pas du cheval dans la plaine me fait songer à chaque étoile que compte le ciel de ma longue nuit. Lorsque je foule la poussière des chemins, c'est toujours vers le firmament que se tournent mes regards. Tous les astres du monde sont logés dans mon coeur comme autant de larmes ou d'émeraudes, selon que je suis triste ou plein de joie. Je porte en moi les chagrins les plus secrets, les plus futiles de l'univers. Mais je sème aussi les lumières les plus pures dans les coeurs. En quête d'un amour que je suis seul à concevoir, je parcours le monde depuis des siècles en infatigable rêveur, trouvant la force de durer à travers les âmes pures. Ma jeunesse est intacte, préservée par des siècles de vertu. Mon souci n'est pas l'or, ni le temps, ni la mort qui effraie tant les hommes, mais l'amour, la beauté, la poésie. Aussi, je ne puis mourir : l'infini est mon compagnon de route. Loin de vos lois, je règne en souverain sur vos nuits, vos songes, l'imaginaire. Je poursuis ma route la tête dans les constellations à la rencontre des âmes pures. J'ai pris possession de lui et je prends la parole à travers sa plume. Mon nom est Pierrot. 8 - La Lune Pour vous rejoindre, depuis si longtemps que j'en avais conçu l'immortel projet, je me hâterai sans regret, ivre de vous, insoucieux du futur, confiant dans votre pâle éclat, attentif à votre regard paisible, envoûté par votre sourire triste et énigmatique. Oui, depuis ce temps mythique de mon enfance où, imprégné de votre mystère, j'allais m'évader dans votre chevelure phosphorescente, je rêve de vous. Avec votre insondable mélancolie, vous semblez régner sur mon destin. C'est vers vous que je désire monter. C'est du haut de votre sommet que je veux contempler les êtres et les choses contenus dans l'Univers. 9 - Au clair de l'une, à l'ombre de l'autre Mademoiselle, Vous êtes ma consolation poétique, une sorte de lueur au firmament qui entretient en moi le rêve. Demeurez pour toujours cette spectrale, frêle créature croisée entre poussière et azur, entre ciel et gargouilles. Votre orbite est onirique, vous l'astre au teint blême. Chaque fois que je regarde la Lune, c'est votre visage que je vois Mademoiselle, aussi doux qu'une chandelle, mystérieux comme un oiseau de nuit, hâve tel un fantôme. Lorsque passe au-dessus de mon toit la sphère étrange, qu'elle chuchote à travers ma fenêtre, qu'elle se fait compagne de mes insomnies, c'est vous que j'entends frapper au carreau, vous qui hantez ma chambre, vous qui me tenez en éveil. La Veilleuse qui luit au zénith me rappelle la triste chartraine que vous êtes. Vous ne cessez de tourner autour de moi Mademoiselle. Et tout comme la blanche Dame au dos rond, vos grâces sont tombales. Je chante à l'infini votre beauté funèbre. Vous ressemblez au mystère d'en haut. Vous êtes un temple, et de ce temple s'élève une prière. Et cette prière, c'est la mienne. Et je m'adresse à vous. Et le sens de ma prière est l'amour. Chartres est mon éden et ma douleur, ma gloire et ma misère. Et votre rivale de chair qui partage mon alcôve, ma plus chère faiblesse. Vous, vous êtes mon purgatoire, ma croix, mon linceul. Et puis ma rédemption, ma lumière, mon salut. L'une est ma conquête temporelle, l'autre ma victoire céleste. L'une à ma gauche, l'autre à ma droite. L'une est un peu ange, l'autre un peu diable. Tiraillé entre ces deux feux, je me consume. Ma plume est une flamme et vous Mademoiselle, vous êtes un songe. Des deux follets sont nées ces lettres d'artifices. Je vous destine ces mots. Je m'en retourne à ma Lune, à ma compagne légitime et à mes chères étoiles, ne cessant de songer à vous. 10 - Un rêve éveillé Lors d'une promenade nocturne à cheval, une bien étrange aventure m'est arrivée. Mélancolique, je me mis à songer à l'improbable aimée qui tardait à venir. Mais bientôt assoupi par le pas alangui de l'animal, je posai la tête contre sa nuque. Le doux Morphée m'emporta bien vite, tandis que je demeurai à demi couché sur le cheval qui cheminait toujours. Et le songe prit le relais de la rêverie amoureuse... Mais la vision onirique prit corps, tournant à la féerie, et je crus voir ma belle pour de bon : Elle marchait à mes côtés, se métamorphosant imperceptiblement en une jument superbe : ses cheveux d'or se changèrent en crinière et sa robe claire épousa ses chairs. Je la montai, aussi fier qu'ému. Aussitôt elle m'emporta dans une chevauchée impétueuse pour prendre son envol vers l'astre de nuit. Crinière au vent et bouche écumante, elle se lança dans les airs, frénétique. Mes éperons étincelaient au clair de lune, son crin ondulait fièrement, le vent frais giflait ma face échevelée. Une joie inédite m'inonda. Je m'étourdissais dans ce saut vertigineux, les doigts agrippés à sa crinière en bataille. Le zénith atteint, dans un long hennissement qui la fit se cabrer avec grâce sur le fond des étoiles, elle communiqua à la lune son bonheur de sillonner le firmament à mon côté, elle cavale ailée, moi baladin sidéral. Enfin, dans un tourbillon furtif nous disparaissions vers les étoiles. Reprenant bientôt mes esprits, je m'aperçus que je m'étais égaré durant mon bref sommeil sur le dos du cheval qui, impassible, avait continué sa marche. Et, retournant sur mes pas, je fixais la lune qui éclairait mon chemin, songeur, l'air dubitatif... 11 - Rencontre au sommet Ce soir je vais à la Lune. Je marcherai à sa rencontre, l'âme flâneuse, le pas paisible. Elle sera ronde, mon coeur sera plein. L'astre étrange est mon asile, mon vertige, mon abîme. Funambule vénéneuse de la voûte, chandelle errante de la nue, j'aime sa molle course au-dessus des toits. Tantôt pâle sourire, tantôt face de diable, son mystère s'épaissit au fil de la nuit. C'est une grande Dame qui porte robe longue. C'est aussi une traîtresse qui ricane derrière les égarés. Mieux vaut s'en faire une amie. Ce soir je cheminerai sous son voilage d'éther. Je la contemplerai longtemps, somnambulant entre bois et sentiers, la semelle terreuse, la tête effleurant le firmament. Je lui parlerai, et le silence sera d'or. Cette nuit sera argentée. Vagabonde sidérale, elle disparaîtra dans la brume du matin. Et moi, frissonnant de froid, je me hâterai vers l'âtre. A l'aube je m'endormirai, les cheveux blanchis de la poussière des chemins, la tête pleine des diamants de la nuit. Textes de Raphaël Zacharie de IZARRA L'HYSTERIE AUTOUR DE LA PRETENDUE POLLUTION DE LA PLANETE
Je refuse de m'assimiler, moi citoyen français civilisé héritier des beaux esprits grecs, à un coureur des bois, à un primitif "emplumé" ignorant l'écriture et les arts académiques.
Ce qui ne signifie nullement que je défends les bassesses et aberrations de la civilisation pour autant. Bien au contraire. Simplement, nul ne me fera adhérer à des valeurs régressives... Un porteur de semelles ne peut être assimilé à un sauvage d'Amazonie, et le terme de "sauvage" ne me dérange pas du tout.
Ce n'est nullement nier ou amoindrir la valeur humaine de mon semblable des bois que de le qualifier de sauvage. C'est juste faire le constat que la civilisation ainsi définie sous nos latitudes n'est pas une mauvaise chose lorsqu'elle est exempte d'erreurs, c'est encore prétendre que courir dans les bois à la recherche de gibier n'est pas digne d'un IZARRA épris d'esprit.
Le raffinement est l'apanage des gens éduqués, instruits, sensibles. L'on me reproche mon esprit critique et mon goût pour la chaussure fine. Cela ne fait pas de moi un criminel. La cause amazonienne est une mode vulgaire et même franchement commerciale lancée par des gourous de la cause écologique et reprise par des industriels à destination des esprits crédules et malléables qui s'en nourrissent avec sotte délectation.
Je ne crois pas que la planète soit en danger à cause de nos gesticulations et productions de fourmis. Le globe terrestre est une colossale structure astronomique, ses capacités d'absorption des déchets et d'auto-régulation sont proportionnelles à ses dimensions (vastes), et à sa masse (énorme).
Le reste n'est que fadaises et frayeurs irrationnelles d'écologistes écervelés et superstitieux.
La planète est saine. Ce sont les esprits qui sont souillés par le matraquage médiatique intensif. Je ne crois pas que nos petites pollutions humaines mettent en danger l'équilibre de la planète. C'est un mythe, selon moi. Pour ébranler la nature, il faudrait une masse de rejets carboniques et de déchets toxiques beaucoup plus importante que nos minuscules transpirations d'usines... Je crois que la planète (comme tout système vivant, indépendant ou inter-dépendant, complexe et structuré) a des capacités de défense et de régénération insoupçonnées.
Il est déjà très difficile pour un individu de tuer une vache, un chat, et même d'exterminer les cafards de sa propre maison à l'aide de produits chimiques fort toxiques. Alors pour tuer tout un réseau de vie, de fleuves, de terres avec tous leurs occupants, c'est une mission impossible même en s'y mettant tous avec nos poubelles et rejets carboniques. Au contraire, certains de nos déchets contribueraient plutôt à favoriser la vie en engraissant terres, mers et animaux qui y vivent. Cela fait des décennies que nos paysans polluent les terres avec leurs fertilisants artificiels et produits de traitement toxiques. La terre de nos campagnes est devenue certes impure mais pas empoisonnée pour autant. Ce qui y pousse ne tue pas, au contraire.
Certes la déforestation de l'Amazonie est une réalité. Mais il suffit simplement de regarder autour de soi pour constater qu’elle n’est pas aussi funeste qu’on le prétend. A plus grande échelle, le constat est même réjouissant : la planète supporte les "dégradations écologiques" générées par sept milliards d’êtres humains, sans compter les animaux.
Ne vous fiez pas aux apparences : je suis un authentique défenseur de la nature, je respecte la vie, la terre et les hommes. Bien plus que beaucoup de prétendus écologistes qui consomment de la viande issue des abattoirs industriels sans nulle honte (j’en consomme également de temps à autre, mais je ne dis pas que cela est bien). Simplement on peut être le chantre de la nature sans pour autant être imbécile, borné, dénué de sens critique. Je reste très sceptique : je suis persuadé que la terre n’est nullement empoisonnée, que la déforestation est anecdotique au regard des immensités boisées de la planète. On a l'habitude de se focaliser sur les parcelles déboisées, mais on ne parle jamais des océans végétaux encore intacts.
De toute façon il faut faire un choix : ou l’humanité se suicide par amour de la nature, pour la "protéger" et faire de la planète une immense friche laissée aux fauves et aux nuisibles de toutes sortes, ou l’homme accepte de marcher sur les fourmis et les pâquerettes pour vivre et faire triompher la cité, symbole et summum de la Civilisation.
Un minimum de bon sens permet de se libérer des chaînes de la pensée étatique, écologique ou médiatique. Chacun devrait pouvoir se forger une opinion par soi-même, n’est-ce pas ce qui fait la dignité de l’homme ? Au lieu de cela une poignée d’irresponsables affole la terre entière pour des chimères reprises par des citoyens-moutons séduits par un discours infantile, benoît, lénifiant et stéréotypé, parfaitement dans l’air du temps ! Jusqu’à preuve du contraire la planète se porte admirablement. Certes il y a une certaine pollution et des déboisements... Et alors ? Cela n’empêche pas le globe de tourner. Les paroles et les bilans alarmistes des écologistes ne la feront pas dévier d’un cil.
Certes la pollution existe. Mais comment voulez-vous faire une omelette sans briser de coques ? Et puis les animaux se mangent bien entre eux, non ? L’humanité a bien le droit de vivre elle aussi. Les forêts ne sont-elles pas là pour nous aider à construire nos maisons et à les chauffer ? Les castors font bien des barrages en abattant des arbres, pourquoi l’homme n’aurait-il pas le droit d’exploiter la nature à son tour ?
Quant aux indigènes, je ne nie pas leur droit légitime de vivre dans leur milieu naturel ancestral. Je dis simplement que l'on ne peut raisonnablement pas sacrifier l'extension de la Civilisation s'accompagnant du bien-être de millions d'occidentaux pour préserver le mode de vie d'une poignée d'individus qui voudraient s'accaparer l'Amazonie !
Il faut juste trouver des accords, faire accepter des concessions aux différentes parties, indigènes et entrepreneurs forestiers compris. Il serait trop facile de mépriser l'avenir économique de milliers de gens pour qui l'exploitation forestière (même illégale) est le seul moyen de survie. Allez donc persuader un chef de famille travaillant dans l'exploitation de la forêt amazonienne d'abandonner la seule source de salut économique qu'il connaisse pour aller grossir les bidonvilles sous prétexte de protéger le mode de vie de quelques familles d'indigène...
Pourquoi est-ce la Civilisation qui devrait mettre à terre des millions d'individus, juste pour faire triompher les caprices d'une pensée sottement orientée vers la défense folle, irrationnelle, stérile, régressive de certaines minorités ?
Je ne vois pas en quoi il est mal de vouloir non pas "détruire" comme le prétendent les écologistes, mais exploiter les forêts à des fins économiques. Abattre des forêts entières ce n’est pas "détruire", au contraire c’est créer de la matière première au service de l’homme, c’est encore capter de l’énergie thermique renouvelable, c’est contribuer à l’économie, bref c’est initier une dynamique d’activités industrielles, agricoles, citadines, humaines...
On ne "détruit" pas la nature, il serait bien idiot de croire que l’homme s’amuse à détruire la nature (les écologistes à ce propos usent de termes pernicieux, trompeurs, et par le choix de ces mots artificieux ils polluent, manipulent sournoisement l’inconscient des masses)...
Au contraire, en abattant des forêts l’homme pratique l’entretien, la préservation et le renouvellement non seulement de la nature mais aussi de l’économie. Pourquoi d'ailleurs l'économie serait-elle une chose mauvaise dans la mythologie écologiste ? La pollution date de l’époque des cavernes, dès que nos ancêtres ont allumé leur premier feu de joie. Le terme "pollution" ne signifie d’ailleurs pas grand-chose. Je préfère dire "effet de l’activité humaine".
Ces termes neutres ont l’avantage de ne pas orienter les esprits et de laisser chacun se faire une opinion.
Je crois que tout se passe dans la tête des écologistes, à l’image du fameux "éther" de l’espace ou de la "génération spontanée" que les savants du XIXème siècle évoquaient avec le même aplomb que nos écologistes annonçant la fin prochaine de notre monde entièrement déboisé et même bientôt entièrement recouvert par nos ordures...
A force de vouloir mettre l'arbre au centre du monde l'écologiste fraternisant avec les singes a fini par croire qu'il y était perché lui aussi.
Ce serait oublier que l'être humain dépasse d'une tête toute la Création. C'est à la nature de se plier au caprice humain et non l'inverse...
C'est l'être pensant qui doit faire de l'ombre aux cimes, lui qui doit faire la loi au-dessus de sa tête, lui qui doit civiliser la friche !
L'Homme est un seigneur, pas un esclave : les sommets verts ne domineront jamais sa matière grise.
Raphaël Zacharie de IZARRA
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